Témoignages neurinome de l’acoustique

NEURINOME DE L’ACOUSTIQUE

 

                      TRAITEMENT PAR RADIOTHERAPIE

ANALYSE D’UN CAS

 

 

Sujet : homme, 68 ans.

Septembre 2002 : Diagnostic d’un neurinome de l’acoustique gauche dont le plus grand diamètre est de 18 mm dans son axe transverse (composante intra et extra canalaire). En effet, le neurinome déborde dans l’angle ponto-cérébelleux d’environ 11 mm.

Novembre 2002 : Traitement par radiochirurgie stéréotaxique.

Cela s’est passé à la V.U.B. de Jette avec une hospitalisation d’un jour de 8 heures à 18 heures.

Accueilli par un succulent petit-déjeuner. Interrogatoire préparatoire ensuite.

Après quelques piqûres anesthésiantes locales à la tête, positionnement et fixation du casque, sans aucune douleur. Scanner pour vérifier et ensuite le repas de midi.

Couché par après sur la table pendant que le médecin règle l’appareil. L’intervention elle-même dure environ trois quarts d’heure durant lesquels l’appareil tourne autour de moi.

Tout cela est bien moins éprouvant qu’un examen IRM. Pleine satisfaction de ma part.

Mars 2003 : l’examen IRM de février 2003 montre une augmentation de diamètre du neurinome de 2 mm. Le Professeur m’informe qu’il s’agit d’une évolution possible puisque les bénéfices d’une irradiation ne se font sentir qu’à terme (12 à 24 mois) et que dans l’intervalle, le neurinome peut augmenter légèrement de volume.

Persistance de l’hypoacousie gauche (phénomène tout à fait attendu), d’acouphènes permanents de l’oreille gauche et d’une légère instabilité à caractère bref et transitoire. Egalement vertiges rotatoires à deux reprises lors de changement de position au lit.

Novembre 2003 : l’examen IRM de novembre 2003 montre une diminution de 1 mm de diamètre du neurinome. Il existe donc un contrôle de la croissance tumorale. Les acouphènes ne sont plus représentés que par un bruit de fond très discret. Il n’y a plus de grands vertiges lors des mouvements de retournement en décubitus mais il y a encore des sensations de vertiges rotatoires lors de la rotation brutale de la tête. L’hypoacousie persiste inchangée.

Décembre 2004 : L’examen montre un passage du diamètre cranio-caudal de 10 à 8 mm et le diamètre antéro-postérieur de 11 à 9 mm tandis que le diamètre transverse reste à 16 mm. Cela signifie un excellent contrôle de la croissance tumorale.

Novembre 2005 : Réduction de volume du neurinome de l’acoustique gauche (diamètre transversal de 16 mm le 8-11-04 et de 13mm le 14-11-05) et nécrose centrale. Les acouphènes ont disparu. Plus de grands vertiges provoqués. L’étude de nerfs crâniens est sans particularité en dehors de l’hypoacousie gauche.

Décembre 2006 : Les mensurations du neurinome sont pratiquement superposables à celles de l’examen réalisé en novembre 2005.

L’étude des nerfs crâniens est sans particularité en dehors de l’hypoacousie gauche.
Plus aucune plainte en dehors de l’hypoacousie gauche.

Décembre 2007 : La situation est excellente. Eu égard au délai écoulé depuis la radio chirurgie, je suis vraisemblablement à l’abri des complications neuropathiques de la procédure (atteinte du VII, du V ou du VIII). Sous l’effet de la radiochirurgie, le neurinome a encore régressé de volume (plus de 20% par rapport à l’étude du 6/11/2006). Le prochain contrôle IRM ne serait prévu qu’en novembre 2009.

Edmond WIDART, membre de l’A.B.F.N.A.

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MON PARCOURS GAMMA KNIFE

Mes problèmes ont été mis à jour en 2004. J’avais alors 71 ans.

Cela faisait déjà plusieurs années que je souffrais de troubles dans la tête, des acouphènes et surtout des pertes d’audition, principalement du côté droit.

Suite à une consultation chez un O.R.L. et un contrôle par IRM aux cliniques universitaires St Luc, on découvre chez moi un neurinome vestibulaire du côté droit. Il mesure 15 mm x 5,8 mm x 5 mm.

Un deuxième contrôle, 6 mois plus tard, prouve que le mal n’a pas évolué. Malgré cela, une intervention chirurgicale serait quand même souhaitable pour mon cas, me dit-on, et on m’explique brièvement cette intervention.

Rapidement, je comprends que cette technique est lourde. Je suis très réticent, d’autant plus que durant la conversation, le docteur O.R.L. m’apprend qu’une technique, moins traumatisante me semble-t-il, est pratiquée à l’hôpital Erasme à Bruxelles, pour autant que l’importance de la tumeur l’autorise.

Sans tarder, je prends contact avec un spécialiste O.R.L. à l’hôpital Erasme, lui soumets tous les clichés et protocoles. Son conseil me rassure : ne pas opérer puisque c’est stable, mais un examen annuel s’impose.

De 2004 à 2008, les contrôles IRM pratiqués aux cliniques universitaires St Luc, puis transmis à l’hôpital Erasme pour le suivi médical, apportent les mêmes conclusions : pas de modification, c’est bien stable.

Hélas, lors du dernier examen, réalisé début avril de cette année 2009, les clichés mettent en évidence un neurinome de 4 mm dans le conduit auditif interne gauche. Ce neurinome était déjà présent sur les clichés précédents mais non protocolé. Il mesurait 1,5 mm en 2005 et maintenant 4 mm en 2009.

Vu ce constat, le spécialiste O.R.L. me conseille de prendre l’avis d’un neurochirurgien qui se consacre particulièrement au Gamma Knife : le professeur N. Massager.

Pour ce dernier, si la tumeur à gauche est active et l’audition contrôlée en baisse, il ne faut pas tarder. Le Gamma Knife s’impose et l’intervention est prévue pour le 23/06/2009.

Trois jours d’hospitalisation sont nécessaires :

1er jour

Il est consacré à l’établissement du bilan médical : prise de sang, radiographie du thorax, électrocardiogramme, mise au point O.R.L., visite d’un anesthésiste et entretien avec une technicienne du Gamma Knife.

Cette dernière m’explique que le cadre stéréotaxique sera fixé sur la tête par 4 vis (2 à l’avant et 2 à l’arrière). Elle me précise aussi que ces vis ne pénètreront pas dans le crâne mais rendent possible le serrage comme un étau. Dernière précision : « Demain, vous resterez en pyjama et non pas en tenue d’opéré ».

2ème jour

A 7 heures, je reçois un comprimé calmant comme prémédication.

A 7 heures 45’, c’est alité qu’un brancardier m’emmène vers le centre d’imagerie médicale.

Sous anesthésie locale très supportable, le professeur Massager positionne et fixe fermement le cadre stéréotaxique sur ma tête.

Cette première étape dure une quinzaine de minutes et la première partie de la matinée s’achève par un dernier contrôle IRM et un scanner.

Avant 10 heures, je suis de retour dans ma chambre où un petit déjeuner m’attend. J’étais à jeun pour tout ce qui a précédé.

Manger avec le cadre sur la tête se fait sans trop de difficulté. Par contre, pour boire, une paille est nécessaire.

A 12 heures, je prends un repas complet normal.

A 13 heures 30’, départ de la chambre, également alité, vers le monstre de ± 20 tonnes installé en sous-sol et baptisé LEKSELL GAMMA KNIFE.

Deux techniciennes m’accueillent et m’installent correctement allongé sur la table mobile. Le cadre que j’ai sur la tête doit être minutieusement verrouillé pour empêcher tout mouvement.

Je peux choisir le genre de musique que je souhaite écouter, le Gamma Knife étant équipé d’un lecteur CD.

C’est à reculons que ma tête et une partie de mon buste entrent dans la machine.

Je suis seul dans le local. Les techniciennes, dans une pièce annexe, me surveillent en permanence grâce à une caméra. Via un micro, je sais appeler si nécessaire.

L’irradiation va durer 10 minutes.

L’irradiation terminée, je suis libéré. C’est le professeur qui vient enlever le cadre et me signale que la tumeur a légèrement évolué par rapport à l’examen précédent.

Après mise en place de compresses aux points de fixation du cadre et d’un bandeau autour de la tête, c’est également alité qu’un brancardier me remonte dans ma chambre. Il est 15 heures précises et le reste de la journée va se passer sans encombre.

3ème jour

Jour du retour chez moi. Je ne ressens aucune douleur ni effet du traitement.

Le matin, avant de passer à la douche, j’enlève le bandeau et les compresses.

Le petit déjeuner terminé, il me reste à attendre jusqu’à 9 heures pour recevoir du secrétariat les documents de sortie.

Le prochain contrôle est fixé dans 6 mois.

Habitant la périphérie bruxelloise, avec l’autorisation du docteur, c’est en métro que je rentre chez moi.

Je tiens à remercier tout le personnel médical, paramédical et autre qui m’a pris en charge si aimablement et si efficacement durant ces 3 jours d’hospitalisation.

Gérard VAN HOECKE, membre de l’A.B.F.N.A.